lundi 19 novembre 2007

Mon nom est Peter


Pour ceux qui n'ont pas lu cette série (devenu un classique de la SF) de Orson Scott Card, auréolée des prix Hugo et Nebula pour son premier tome de 1985, la stratégie Ender, en Anglais Ender'Game, voici un court résumé de l'histoire.

Dans un avenir relativement proche, l'espèce humaine mène une guerre totale et désespérée contre la seule espèce extra-terrestre connue : les Doryphores. Les deux espèces disposent du voyage spatial mais sont limitées par les lois de la physique relativiste.
Bien que l'humanité ait acquis de nouvelles technologies inconnues de leurs adversaires, les Doryphores détiennent une supériorité numérique écrasante, due à leur implantation dans plus de 80 systèmes de la galaxie.

A la suite d'une invasion avortée des Dorypohres, grâce à un coup de génie d'un obscur général qui remarqua que ceux-là fonctionnaient comme des fourmis et qui détruisit le vaisseau-mère de la reine et par là même toute la flotte adverse, pour tenter de renverser l'avantage, une école de guerre spatiale forme des enfants à devenir des officiers émérites.
Andrew Wiggin, surnommé Ender par sa soeur Valentine, est un troisième, c'est-à-dire un enfant dont l'existence est normalement interdite mais, ici, voulue par les autorités, dans la volonté que ce dernier regroupe les qualités sans les défauts des deux aînées.
Suivi par le colonel Graff, commandant de l'école de guerre. Ender y est enrôlé et gravit les échelons avec une rapidité stupéfiante : le roman suit son évolution dans l'école, et ses progrès fulgurants en matière de commandement, stratégie et tactique, tout comme la façon dont il est manipulé par les autorités militaires.

Le reste s'adresse à ceux qui ont déjà lu les cycles d'ender et de l'ombre.

Je me présente, mon nom est Peter Wiggin, l'Hégémon.

Peter est l'aîné et le grand frère de Valentine et d'Ender. Quelque peu trop violent et cynique, dans sa jeunesse du moins, il n'est pas retenu par le programme visant à découvrir et à éduquer un susceptible sauveur de l'humanité. Son orgueil s'en voit fortement touché lorsque qu'à la suite de sa soeur, non retenue car trop tendre et trop "gentille", son petit frère, un troisième, est intégré dans l'école de commandement. Il se voue plus tard à la politique à l'aide du personnage pseudonyme de Locke par "internet" interposé et de son adversaire Demosthène qui n'est rien d'autre que sa soeur dont les propos sont régis par Peter lui-même. Son désir de puissance et surtout de pouvoir, mêlé à une volonté inconsciente de se distinguer devant le monde pour recueillir la fierté de ses parents et pour assouvir autant ses talents, que son ego et ses rêves, Peter suivra le chemin qui le mènera à l'hégémonie d'un monde, libéré de la menace extra-terrestre et donc de l'Union Sacrée. Il se mettra finalement au service de l'humanité... Si Ender a sauvé la planète, sans le savoir, d'un risque d'invasion extérieure, Peter, lui, a préservé volontairement l'espèce humaine d'une autodestruction possible. Ce Peter très idéalisé que présente Scott Card existe réellement, tout comme Bean, le travailleur de l'ombre ; Graff, le révélateur de potentiel ; Petra, la dulcinée au grand coeur ; Thérésa, la mère protectrice ; Carlotta, la mère généreuse et enfant de Dieu ; Suriyawong, le patriote ; Anton, le bon scientifique... et à un degré nettement moindre Ender, le sauveur de l'humanité et premier "xénocidaire".

Moi, voyez-vous, je suis Peter, et je serais Hégémon...

lundi 12 novembre 2007

¿Por qué no te callas?


Le Président du Vénézuela Hugo Chávez traitant de "fascista" l'ex-premier ministre d'Espagne José María Aznar (qui ne l'est plus depuis trois ans déjà).

Le Premier Ministre actuelle d'Espagne José Luis Rodríguez Zapatero (pourtant d'un autre bord ; il est de gauche, Aznar de droite) défendant dignement son prédécesseur élu démocratiquement par le peuple espagnol -quant est-il réellement de la réélection de Chávez ?-.

Le Chávez pathétique qui ne laisse pas parler son interlocuteur qui demande le respect !

Et enfin le Roi d'Espagne Juan Carlos I de Borbón y Borbón, sobrement sans forcer la voix : ¿Por qué no te callas? Juan Carlos partira peu après excédé (notamment par le président du Nicaragua qui prenait la défense de Chávez.)

Je suis vénézuelien, en plus d'être français, et bien que le Vénézuela ne m'ai jamais beaucoup préoccupé auparavant ; là, j'ai vraiment honte d'avoir un président si... si... je n'en trouve même pas mes mots.


Chávez est un dictateur en puissance, s'il ne l'est pas déjà, qui monte les pauvres contre les riches, la campagne contre la ville, les prêtres contre les évêques, le peuple contre l'église... comme les communistes l'avaient fait, jadis, au temps du "Grand URSS" de Lénine et Staline et le font encore dans certains pays (j'exclus de cette liste des pays comme l'Angola) à moindre mesure.

Chávez, bien que fou, est un manipulateur hors-pair, mais ne dit-on pas que les plus grands génies sont fous ? Il a su, après son coup d'état raté, gagner le soutien de la population par un coup de génie se matérialisant dans son discours depuis la prison. Coup de chapeau ! Ca m'en fiche un coup ! surtout que la suite de l'histoire : ce soutien a permis son élection à la tête du Vénézuela, après sa sortie de prison.

Justement, parlons-en de cette sortie ! Il a reçu la grâce présidentielle ! Et qu'à-t-il fait sitôt élu ou presque ? Chávez, gracié, a remercié son "libérateur" par la prise de tout son bien. Il a, de plus, enlevé la retraite qu'avait droit tout ancien président du Vénézuela (ce dernier est agé et mériterait au moins de la considération pour cela) et l'a attaché à domicile : l'ex-président n'est donc pas libre de ses mouvements.

Revenons à nos moutons, ce soutien majoritaire s'est peu à peu et bien effriter, surtout dans les classes moyennes et riches. J'entends déjà : c'est donc qu'il fait de bonnes choses pour les pauvres de ce pays. En effet, c'est très tentant d'affirmer cela, mais faux. Je l'explique : Chávez utilise la masse d'argent que lui rapporte un pétrole à 100 dollars (en Novembre de 2007, pour une exportation de 2,8 millions barils-jours selon l'opep) pour s'assurer les voix des pauvres c'est à dire 40 pour cent de la population. Leur rémunération mensuelle permet leur vote à chacun des scrutins et des manifestations pro-chaviste de dizaines de milliers de personnes. Où est la liberté d'opinions dans tout cela ? De plus, si le prix du baril s'effondre, son système avec lui et laissant une population démunie derrière, payée pour l'instant à ne produire aucune richesse. Alors, bien sûr la pauvreté à diminué mais jusqu'à quand ?

Le prochain référendum, de décembre de 2007, vise à lui donner les pleins pouvoirs, un mandat indéfini et la possibilité de changer toutes les lois, du jour au lendemain. Comment faire avaler la pilule ? me dite-vous. Facile, pour Chávez qui contrôle la propagande à la perfection : mettre des affiches partout avec pour sujet, Êtes vous pour ou contre la semaine de trente heures ? A votre avis, que fera Chávez quelques saisons voire seulement quelques mois plus tard ? Changer les trente heures en cinquante heures. Oui, c'est exactement ce qu'il fera... une fois sa dictature en place, la police du parti sur les places... Castro, sur son lit d'hôpital s'en réjouira.

Oui, vous avez raison, Vénézuelien !, priez pour que cela ne soit pas...

Ouf, Chavez n'a pas gagné son référendum ! Je pourrai faire une analyse de sa défaite. Je me contenterai de dire que l'histoire n'est pas finie, elle le sera peut-être dans cinq ans à la fin de son mandat, avec un peu de chance.